Retour sur Campus International – Mumbai/Dubai 2016

PAR GENEVIÈVE BERTRAND ET ALEXANDRE GUILBAULT, MBA 2017

Mumbai, ou le chaos organisé

Notre Campus international a débuté dans la plus grande ville de l’Inde, et également son centre financier, Mumbai. Déjà, plusieurs d’entre nous avaient eu la chance de découvrir la culture indienne, riche et bouillonnante, en visitant le « Golden Triangle » (New Delhi, Agra et Jaipur) avant que ne débute officiellement le campus. Mais Mumbai, nous l’avons rapidement constaté, se trouvait sur une toute autre échelle de grandeur.

Comme plusieurs locaux nous l’ont eux-mêmes souligné, l’Inde est un chaos organisé et cela ne pourrait être plus vrai à Mumbai. Dans les rues, nous observons une danse d’autos, de camions, de vélos et de rickshaws sur le chant incessant des klaxons. Les Indiens sont très généreux, mais aussi très ouverts sur le monde et conscients des enjeux et problématiques que vivent leur société. Nous avons particulièrement apprécié rencontrer et discuter avec la plus jeune génération. Comme partout dans le monde, et probablement grâce à l’omniprésence d’Internet, ils sont très ouverts d’esprits et curieux de rencontrer des gens d’autres origines.

Il y a de la pauvreté, certes, mais celle-ci se vit en communauté; les gens se soutiennent mutuellement et paraissent plus souvent qu’autrement heureux. À travers cette pauvreté, ils semblent avoir trouvé une richesse et un bonheur dans les petites choses que nous, plus choyés et aisés, avons de la difficulté à voir. Nous avons aussi été touchés par certaines contradictions auxquelles nous avons été confrontées. La ville est somme toute assez moderne, mais l’écart de richesse est très apparent et même troublant : notre somptueux hôtel faisait d’ailleurs ombrage à un important bidonville.

Dans cette même veine, certains d’entre nous se sont portés volontaires pour amasser des fonds pour l’organisme Abhyudaya, affilié à une école de gestion de Mumbai où les étudiants du MBA doivent s’impliquer, durant leurs études, auprès d’enfants qui proviennent de quartiers défavorisés où l’éducation n’est souvent pas une priorité. La générosité de nos collègues au MBA de HEC Montréal nous a permis de remettre en mains propres une bonne somme à la responsable de la fondation. Ce fut une expérience unique qui nous a remplis de fierté, et sans aucun doute le moment fort de notre séjour à Mumbai.

La semaine a été somme toute bien remplie, avec de trois à quatre visites d’entreprises par jour, mais surtout extrêmement enrichissante.

Dubaï, ou la force fragile

Notre arrivée dans l’opulence de Dubaï a été un choc énorme, surtout que nous avions visité le matin même le plus grand bidonville de Mumbai avec son million d’habitants. En quelques heures, nous sommes passés d’une pauvreté extrême à une richesse excessive. Une simple anecdote en dit long : certains Émiratis sont prêts à payer plusieurs millions de dollars simplement pour obtenir une plaque d’immatriculation à un seul chiffre, un signe de prestige.

Dubaï est la ville des records, où tout doit être plus haut, plus grand, plus gros, plus rapide : on cherche à être « numéro 1 » à tout coup. La plus haute tour du monde, le Burj Khalifa, est d’ailleurs le symbole le plus connu et éloquent de cette obsession. La ville existe surtout grâce aux expatriés, qui composent 90% de sa population. Les entreprises doivent d’ailleurs composer avec des travailleurs de toutes cultures, origines et langues. Malgré nos a priori, nous avons été à même de constater que ce multiculturalisme se vit relativement bien au quotidien. Nous aurions peut-être avantage à nous en inspirer!

Derrière cette ville aux apparences solides, à la propreté frappante, à la modernité sans équivoque et au développement effréné, nous avons toutefois senti une certaine fragilité. Plusieurs d’entre nous sommes restés avec l’impression que Dubaï devait maintenant travailler très fort à solidifier ses fondations et à assurer sa pérennité. Nous serons définitivement curieux de voir ce que sera le Dubaï de 2020 ou 2025.

Nous avons eu la chance de visiter de nombreuses entreprises et nous en avons beaucoup appris sur l’environnement d’affaires de Dubaï. Surtout, nous avons eu des discussions enrichissantes avec des gens d’affaires de partout à travers le monde, qu’ils aient fait de cette ville leur chez-soi temporaire ou y aient construit un nid plus permanent.

En somme, le Campus international est une chance unique de découvrir le monde et d’en apprendre sur les affaires internationales. C’est un complément idéal aux apprentissages en classe, une réelle immersion au cœur de réalités qui demeurent souvent trop théoriques. C’est sans aucune réserve que nous recommandons cette expérience!

Geneviève Bertrand et Alexandre Guilbault

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